Autoportrait, Molenbeek (#44)
La collection d'art2009
- Type
- Photographie
- Matériaux
-
Photographie analogique, tirage gélatino-argentique sur papier baryté
- Dimensions
- 17,8 x 24 cm
- Acquisition
- Acquisition , 2025
- Numéro d'inventaire
- K2025-006
"Peut-être bien que ces œuvres sont entièrement fondées sur son vécu personnel, mais elles finissent par s'en détacher pour devenir des expressions lyriques de l'instabilité, du deuil, de la perte et de la résilience." Charlotte Jansen in The Guardian en 2023.
En 1992, Hélène Amouzou, son mari, un opposant politique, et leur fille nouvelle-née fuient le Togo, passant d'abord au Bénin pour rejoindre ensuite l'Allemagne. La famille y introduit une demande d'asile, mais celle-ci est rejetée, et le mari d'Hélène Amouzou est expulsé sans qu'elle sache vers quel pays. Elle part à sa recherche au Bénin, où elle apprend qu'il a été refoulé au Togo, malgré les menaces qui pèsent sur sa vie. Quelques années plus tard, Amouzou part pour Bruxelles, seule avec sa fille. Pendant près de vingt ans, elles vivront dans l'ombre, sans papiers, dans l'insécurité et l'attente. Elles n'obtiendront la nationalité belge qu'en 2015.
C'est pendant cette longue période d'incertitude qu'Hélène Amouzou travaille à Autoportrait, Molenbeek, une série d'autoportraits qu'elle réalise dans le grenier désaffecté de sa maison. Ces images saisissantes, auxquelles la pose lente donne un aspect flou et spectral, reflètent le sentiment d'invisibilité et de déracinement qui caractérise alors sa vie. Mais ces images sont bien plus que de simples témoignages: elles expriment la charge émotionnelle supportée par les personnes apatrides et sont une accusation silencieuse contre les systèmes bureaucratiques qui invisibilisent les personnes migrantes et leur refusent toute agentivité. L'ensemble de la série rend compte du combat d'Amouzou pour préserver son identité durant ses longues années d'exil et d'insécurité et pour retrouver pas à pas une place.