[dentifiant] K2026-015
La collection d'art2022 — 2023
- Type
- Photographie
- Matériaux
-
Impression jet d’encre pigmentaire sur papier contrecollé sur Dibond
- Dimensions
- 71,7 x 91,9 x 3,3 cm
- Acquisition
- Acquisition
- Numéro d'inventaire
- K2026-015
"Car ce qui retient l'attention dans ses photographies, ce sont souvent des détails qui perturbent parfois notre regard, permettant à l'anecdotique ou à la bizarrerie picturale de surgir d'un environnement donné pour devenir un sujet discursif." Patricia Couvet à l'occasion de la résidence d'Emile Rubino au CAC La Synagogue de Delme en 2025.
"Pendant près de six ans, j'ai travaillé dans une galerie d'art." C'est par ces mots qu'Emile Rubino commence son texte pour son exposition Baby, I'm Yours à l'espace rhizome_ à Courtrai. Pour ce projet, la galerie est devenue à la fois son lieu de travail et l'objet d'une série de "photos clandestines", dont les trois œuvres de la collection de Kanal. Baby, I'm Yours montre un bouquet d'amaryllis rouges fanées et de verdure sur un comptoir de réception inoccupé.
Le travail de Rubino oscille entre une perspective intime, à la première personne, et l'idée que la photographie peut avoir une portée plus étendue que le regard individuel. L'artiste procède suivant des protocoles conceptuels et techniques rigoureux, tout en évitant les conventions de certains genres photographiques. Dans son travail de photographe, il s'intéresse aux rapports entre production artistique, travail et valeur dans un contexte capitaliste, faisant souvent de son atelier à la fois son lieu de travail et son sujet.
Dans Baby, I'm Yours, l'artiste va encore plus loin: il utilise la galerie comme studio et réalise une série de photos clandestines. En brouillant ainsi la frontière entre travail artistique et travail tout court, il fait de sa pratique une forme silencieuse de protestation contre les contraintes du travail salarié. Ses images montrent tout le sens que peut prendre un travail quotidien et incitent à la réflexion sur les soins, l'entretien et l'attention. Il démontre ainsi que la création artistique n'est pas dissociable du travail rémunéré, mais au contraire qu'elle en procède et en subit les contraintes.