événements

  • Vendredi 15 mars 2019  
  • Samedi 16 mars 2019  
  • Dimanche 17 mars 2019  

Projection

"Faire Feu" de Jocelyn Cottencin, film, durée 1h10 mn
avec Aram Abbas, Marine Bikard, Felix Bouttier,
Matthieu Brion, Clément Courgeon,
Yannik Denizart, Ines Dobelle, Manon Gignoux, Tilhenn
klapper, Cynthia Lefebvre, Elsa Michaud,
Daniel Nicolaevsky, Sacha Rey, Masha silchenko, Livia
Vicenti, Lucile Wargniez et Yves-Noël Genod.
Production Crossing

Faire feu

Jocelyn Cottencin

© Jocelyn Cottencin

En 2016, l’artiste Jocelyn Cottencin réalise un projet de performance pour 12 danseurs. Ce projet a été créé au Centre Pompidou en avril 2016. Travaillant à cheval entre installation, architecture, graphisme, vidéo et danse, Jocelyn Cottencin propose logiquement avec Monumental un projet qui déplace subtilement les frontières. Au départ, Monumental était un film ; à l’arrivée, c’est aussi une proposition pour le plateau. Au départ, des monuments, des statues, des mémoriaux qui scandent l’espace public. À l’arrivée, une mise en mouvement de ces structures de pierre ou de béton par douze interprètes / chorégraphes que Jocelyn Cottencin a rencontré au fil de ses collaborations. Il ne s’agit pas avec Monumental de construire des sculptures vivantes mais au contraire de faire bouger les images fixes, de flouter les formes figées de la statuaire pour que naisse un récit, l’ébauche flottante d’une narration.

 

Dix mois plus tard après une conférence après une conférence de Jocelyn Cottencin aux Beaux arts de Paris en février 2017, est née l’idée d’une transmission de cette pièce à un groupe de 16 étudiants de l’atelier de la chorégraphe et enseignante Emmanuelle Huynh. De mars à juin 2017, Jocelyn Cottencin transmet la pièce tout en filmant les étapes de travail. Dans la partition de Monumental constituée de 15 monuments, il est prévu en fonction des lieux ou est jouée la performance, d’enlever un monument et de travailler sur un élément contextuel de l’environnement.

 

Aux Beaux arts de Paris, Jocelyn Cottencin proposa cette modalité de travail pensant qu’il serait simple de se mettre d’accord sur un « monument» sur lequel travailler. En leur adressant cette demande choisir collégialement un monument ou réfléchir à ce qui ferait monument pour eux il ne s’attendait à ce que l’unité de travail constituée dans la reprise de Monumental se fissure par l’impossibilité de trouver une question commune ou un objet commun. C’est ce contexte qui a généré le projet «Faire Feu».

 

« Faire feu » devient le 16e monument de la partition. «Faire Feu » est une fiction, un documentaire, une performance, un récit lacunaire, autour de 16 jeunes étudiantes et étudiants artistes, sur l’engagement, la communauté, les images, l’art dans la société contemporaine ,le désir et le doute. Dans la société dans laquelle nous vivons, s’engager dans l’art peut paraître dérisoire à la vue des contextes sociaux, économiques, environnementaux et politiques. Pourtant il apparaît que c’est probablement dans le même temps indispensable.

 

50 ans après mai 68, ce film est aussi une peinture d’un groupe qui n’est en rien représentatif d’une époque mais bien au contraire. Ils, elles apparaissent comme une possible résistance aux modèles proposés voire imposés par la société contemporaine. Le film est constitué de différents motifs : le travail d’atelier autour de Monumental, des siestes, des paroles singulières, des listes de mots de ce qui comptent, des danses collectives, des mémoires. Le dispositif technique est réduit au maximum, pour garder une fluidité, une adaptabilité aux situations. « J’aimerais que ce film soit à la fois dans l’urgence et dans la lenteur, dans la fureur et dans le calme, dans le doute et dans la détermination."