A Blueprint for Toads and Snakes
La collection d'art2018
- Type
- Installation mixte
- Matériaux
-
Peinture à l'huile sur toile, impression UV sur bois, tirages photographiques numériques sur papier, encre, peinture, lampes, câble électrique, son
- Dimensions
- Dimensions variables
- Acquisition
- Acquisition , 26/04/2021
- Numéro d'inventaire
- K2021-005
- Édition
- Unique
"Messire serpent... notre vin ne goûtera que s'il s'assied à la mode des crapauds!
– Mais pour moi, c'est impossible!
– Allons plie-toi, donc, replie-toi! Idiot, imbécile!
– Allons... vas-y... replie-toi donc!
– Allons... retourne donc chez toi... sans boire! Puisque tu n'es pas des nôtres! Pars!"
Dans son installation A Blueprint for Toads and Snakes [Plan pour crapauds et serpents], Sammy Baloji dénonce l'impact de l'exploitation minière à grande échelle au Congo. L'œuvre est en trois parties: des éléments de décor, un plan urbain et des portraits.
Les décors sont empruntés à la pièce de théâtre musical Chura na Nyoka [Le crapaud et le serpent], une commande du régime colonial belge au compositeur katangais Joseph Kiwele, écrite en 1957. La pièce raconte l'histoire d'un crapaud et d'un serpent entre lesquels toute amitié est impossible à cause de leurs différences biologiques. En réutilisant ce décor, l'artiste dénonce la politique de ségrégation raciale mise en œuvre par le régime colonial belge pour asseoir son pouvoir.
Le plan de ville, qui montre le plan initial de la "cité indigène" de Lubumbashi, ville minière et capitale du Katanga (aujourd'hui Haut-Katanga), est une référence directe à cette ségrégation. Il illustre l'expropriation des habitant·es et la création d'un "cordon sanitaire": une zone tampon séparant les populations européenne et congolaise. Les 138 portraits, enfin, commémorent l'histoire oubliée des milliers de personnes expulsées du Katanga lors de la sécession de la province en 1960, alors que le Congo devenait indépendant de la Belgique. La déclaration de sécession de cette riche province, soutenue par la Belgique sur les plans diplomatique et militaire, a contraint certains groupes ethniques à quitter la région. En exposant ces images d'archives, Sammy Baloji tente de les sauver de l'oubli et de donner à ces expulsions violentes une place dans l'histoire.