Female Readymade (Pollock's shed, photos of Janet Sobel, Letter from Mark Rothko, keys, wire cutters, Blow Up detail of Pollock painting and of Sobel painting, chain, smoking gun, p.218 of 'American Type Painting', gestures)
La collection d'art2021
- Type
- Peinture
- Matériaux
-
Peinture acrylique, gesso, encre, poussière de marbre et pigment sur toile
- Dimensions
- 200 x 180 x 2,5 cm
- Acquisition
- Acquisition , 15/05/2025
- Numéro d'inventaire
- K2025-011
Dans cette œuvre, Melissa Gordon fait référence, entre autres, à l'artiste d'avant-garde Janet Sobel, qui a pratiqué la technique du dripping ou des éclaboussures avant Jackson Pollock. Malgré son influence indéniable sur Pollock, le critique d'art Clement Greenberg l'a qualifiée dans un article du Partisan Review de "peintre primitive" et de "ménagère".
L'article, datant de 1955, est reproduit en bas à gauche, en regard d'une version peinte. À côté, le pistolet joue le rôle de smoking gun, de preuve irréfutable, obligeant Pollock à enfin reconnaître son influence. Deux photos sérigraphiées montrent les détails de deux peintures, à gauche une de Sobel de 1944, à droite une de Pollock de 1948: leur concordance est manifeste. Au centre, une reproduction d'une lettre de l'artiste Mark Rothko à Sobel. Il y demande des informations biographiques à Sobel pour Art of This Century (1944), une exposition collective organisée par Peggy Guggenheim, où Greenberg et Pollock ont découvert son travail. Dans le titre, la mention "p. 128 'American Type Painting' " fait référence à la page où Greenberg reconnaît tout en la minimisant son influence sur Pollock. Au-dessus, des photos montrent Sobel dans son salon, qui était aussi son atelier. Les chaines, clés et pinces coupe-fil peintes – outils évoquant l'accès et l'appropriation – représentent les preuves en train d'être rassemblées. La 'peinture dans la peinture' en haut à droite figure la réappropriation ou la reconquête de la place de Sobel dans l'histoire de l'art.
Cette oeuvre fait partie de la série Female Readymades, dans laquelle Melissa Gordon investigue les nombreux gestes artistiques de femmes qui ont été copiés ou niés dans l'histoire de l'art. Réinterprétant les ready-made de Marcel Duchamp, elle s'interroge sur la genèse des récits historiques et leurs bénéficiaires.