fig. a, a comme alphabet (shabeeg – parag)

La collection d'art

Mekhitar Garabedian

2021

Type
Tapisserie
Matériaux

Laine, soie

Dimensions
240 x 180 cm
Acquisition
Acquisition , 15/05/2025
Numéro d'inventaire
K2025-016

"Une conscience bilingue ou plurilingue, ce n'est pas la somme de deux langues, mais un tout autre état d'esprit, défini par le mode de traduction. Quand on est une personne étrangère, on est constamment en train de traduire, dans les deux sens. On se trouve dans une position où on ne peut plus parler de langue première: on est pris en permanence entre deux ou plusieurs langues, et on parle toujours avec les mots d'autres personnes." Mekhitar Garabedian in Asymptote Journal, s.d.

Dans fig. a, a comme alphabet, Mekhitar Garabedian aborde des thèmes comme la migration et la perte de la langue première. Bien que l'artiste parle couramment l'arménien, il n'a jamais appris à lire et écrire cette langue étant enfant. Dans cette œuvre, il rend compte de ses efforts pour maitriser l'alphabet arménien. Sur un grand tapis tissé à la main, où des lignes parallèles et des perforations font penser à une feuille de cahier d'école, il liste des mots écrits en alphabet arménien, accompagnés chaque fois de leur transcription en écriture latine. Beaucoup d'Arménien·nes vivant dans la diaspora écrivent ainsi la langue, phonétiquement, en caractères latins. Les lecteur·ices non arménien·nes peuvent donc prononcer ces mots, mais ne comprennent pas leur sens.

Le tapis même est un objet symbolique de la culture et du commerce ouest-asiatiques; on en trouve dans le monde entier, achetés comme souvenir oriental ou objet design. En même temps, c'est un objet courant, familier et à valeur sentimentale, qui évoque à la fois l'isolement et les assemblées, et dont les motifs révèlent l'appartenance culturelle.

La collection d'art
  • Tapis représentant une liste manuscrite de mots anglais accompagnés de leur traduction en arménien, organisée en trois colonnes sur du papier ligné.
    © Photo: Isabelle Arthuis