one, two, many
La collection d'art2012
- Type
- Installation vidéo
- Matériaux
-
Vidéo (film 16 mm transféré à HD) à trois écrans, couleur, son
- Dimensions
- 21 min 38 sec
- Acquisition
- Acquisition
- Numéro d'inventaire
- K2022-009
"La voix est un sujet pour moi, sous de nombreuses formes. Comme j'utilise souvent des voix off, la voix est devenue une chose en soi dans mes films, une voix sans corps. J'en suis arrivée à me poser des questions comme: où se trouve la voix, en fait? Dans le corps ou en dehors? Est-ce qu'elle existe sans personne à qui parler? Ç'a été un des points de départ de one, two, many, qui est une sorte d'essai sur la voix." Manon de Boer, 2022.
Le film one, two, many est constitué de trois performances reliées entre elles par des thématiques telles que le corps et l'écoute. Dans la première partie, one, le flûtiste Michael Schmid interprète un morceau d'Istvàn Matus, basé sur une respiration circulaire. Dans la deuxième partie, two, une voix off décrit la voix du sémiologue et philosophe Roland Barthes lors de son premier cours sur le thème Comment vivre ensemble, en 1977. Dans la dernière partie, many, un groupe de personnes écoute quatre chanteur·euses interprétant Tre canti popolari du compositeur Giacinto Scelsi, morceau tout en stridences et onomatopées.
Chaque partie explore à sa façon l'espace existentiel de la voix, un thème récurrent chez l'artiste, qu'on retrouve notamment dans Blindsight, qui fait également partie de la collection de Kanal. Elle y aborde pour la première fois la notion d'"idiorythmie", un terme forgé par Roland Barthes dans le cours précité pour désigner d'une part la liberté de chaque individu dans une collectivité de vivre à son propre rythme et d'autre part la tension entre individu et société en général. Manon de Boer a réalisé ce film pour la documenta (13).