Potential for Shame

La collection d'art

Aline Bouvy

2022

Type
Installation mixte
Matériaux

Jesmonite, fibre de verre, pigments, verre, métal, lampe néon, voitures en inox, moteurs électriques

Dimensions
Dimensions variables
Acquisition
Acquisition , 02/06/2022
Numéro d'inventaire
K2022-003

"Avec les policiers, c'était plus la question de savoir comment les rendre vulnérables par rapport à ce qu'ils représentent. Je me suis dit: peut-être justement en les mettant à nu, mais en gardant les accessoires de police et en transformant ces accessoires en accessoires BDSM, pour déjouer un petit peu tous ces codes autour de l'apparence du corps policier. Ce n'est pas de la provocation, ce n'est pas shocking. L'humour désacralise, mais place aussi à un autre niveau." Aline Bouvy, 2022.

Au départ, Aline Bouvy avait réalisé Potential for Shame pour New SPACE, un espace d'exposition aménagé dans un ancien garage de la police judiciaire de Liège. Cette grande installation se compose de sept reliefs muraux montrant des figures de policiers, un urinoir et quatre petites voitures mécaniques téléguidées se déplaçant dans l'espace. Fabriquées en collaboration avec Julien Bouille (robotique) et Pierre Dozin (composition sonore), les voitures réagissent aux visiteur·euses grâce à une intelligence artificielle.

L'œuvre interroge le "potentiel de honte" qui peut naître d'une pratique non-hétérosexuelle libre: la honte ressentie face au regard des autres, mais aussi le caractère honteux du jugement normatif de la personne qui regarde. Les reliefs font penser, entre autres références, au Monde clair des Bienheureux d'Elisàr von Kupffer. Cette œuvre monumentale est la seule trace visible du Clarisme, une religion utopiste qui a fleuri en Allemagne dans les années 1920 et qui professait notamment l'égalité des genres. L'urinoir renversé symbolise l'invisibilité des femmes dans un espace public dominé par les hommes. Placé tête en bas, en un "renversement queer", il perd son symbolisme phallique et ressemble à une vulve.

Les petites voitures téléguidées, imitant des patrouilles de police, incarnent le maintien de l'ordre. Les sons qu'elles produisent, croisement entre les mythiques sirènes d'Ulysse et celles des véhicules de police, mettent en garde contre le contrôle répressif croissant dans la société.

La collection d'art
  • Installation composée de figures humaines sculptées en blanc sur le mur, de néons jaunes et d'une petite voiture télécommandée argentée sur le sol.
    © Courtesy the artist. Photo: Isabelle Arthuis
  • Deux sculptures humaines blanches, vêtues uniquement d'un calot, sont placées dans un coin, chacune à quatre pattes, se reflétant l'une l'autre.
    © Courtesy the artist. Photo: Isabelle Arthuis